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Le 24 mars, 2011
La viande rouge n’augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire
Les chercheurs de Harvard qui ont effectué récemment une revue systématique et une mega analyse ont conclu que la consommation de viande rouge (c.-à-d. le bœuf, les burgers, le porc et l’agneau) n’était pas associée à un plus haut risque de maladie cardiovasculaire (MCV).1 Leurs analyses regroupaient les données de 1,2 million d’individus ayant participé à des études aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Asie. Cette étude regroupe l’évidence la plus complète et la plus digne de foi examinant la relation entre l’apport en viande rouge et le risque de MCV.
L’analyse de la relation dose-effet n’a pas révélé d’association entre l’apport en viande rouge non transformée et le risque de MCV.1 Aucune augmentation du risque de MCV fut notée avec une augmentation de la consommation journalière de 100 grammes. En moyenne, à travers les études examinées, les niveaux moyens de consommation pour les catégories plus élevées versus les plus basses, se situaient entre 1 à 8 portions de viande rouge non transformée par semaine. Également, l’étude n’a pu trouvé d’association entre la consommation de viande rouge non transformée et le diabète.
Cette étude systématique et mega analyse de l’évidence mondiale est la première à regarder la consommation de viande rouge non transformée versus la viande transformée quant au risque de MCV, d’accident vasculaire cérébral et de diabète. Cette étude complète sépare nettement les effets pour la santé de la consommation des viandes rouges non transformées versus ceux des viandes transformées. Les auteurs suggèrent qu’en se basant sur leurs recherches à l’effet que les viandes rouges non transformées n’augmentent pas le risque de maladies cardiovasculaires, que des efforts doivent être faits pour différencier les viandes non transformées de celles transformées dans les politiques alimentaires. Pour en savoir plus sur cette étude et voir les commentaires de l’auteur principal dans un court vidéo, cliquez ici.
Une autre revue systématique des facteurs alimentaires et des MCV menée par des chercheurs canadiens conclu que des apports plus élevés en viande ne pouvaient être associés systématiquement aux MCV. Leur revue fut la première à évaluer systématiquement si une association valide existe entre les diverses expositions alimentaires et les MCV en utilisant les directives de Bradford Hill. Leurs analyses ont réuni les données randomisées de cohortes comprenant 236,414 individus2 quant à leurs apports en viande et les risques primaires et secondaires de MCV. Ils ont classifié l’évidence causale de diverses expositions alimentaires et de MCV comme étant élevée, modeste ou faible et conclu que l’évidence entre la viande et les MCV était faible. En se basant sur leurs recherches, les auteurs ont également noté que la modification de l’apport en quelques nutriments ou aliments ne peut influencer significativement les risques de maladie coronarienne et que l’on doit considérer l’alimentation dans son ensemble.
POUR VOTRE PRATIQUE :
Les récentes études démontrent que la viande rouge maigre comme le bœuf peut faire partie d’une saine alimentation. De nombreuses études précédentes sur la consommation de viande rouge incluaient les viandes transformées dans la catégorie des viandes rouges rendant difficile l’examen des effets de chaque catégorie. Ceci a mené à des conclusions erronées et contradictoires. La force de la mega analyse des chercheurs de Harvard fut de séparer l’évaluation de la viande non transformée (c.-à-d. le bœuf, le porc, l’agneau et les divers burgers) de celle des viandes transformées (c.-à-d. bacon, salami, saucisses, hot dogs et charcuteries). Considérant que les viandes rouges non transformées n’augmentent pas le risque de MCV, leur étude a trouvé une relation significative de dose-effet quant à des apports plus élevés en viandes transformées.1 Ceci porte à croire que certains patients pourraient bénéficier du remplacement de viandes transformées par des viandes non transformées riches en nutriments tel le bœuf maigre qui contribue de façon importante aux régimes des Canadiens en tant que régime sain, bon pour la santé du cœur.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Voir les références suivantes (anglais seulement) :
1. Micha R, Wallace SK, Mozaffarian D. Red and processed meat consumption and risk of incident coronary heart disease, stroke, and diabetes mellitus: a systematic review and meta-analysis. Circulation 2010; 121(21):2271-83.
2. Mente A et al
A Systematic Review of the Evidence Supporting a Causal Link Between Dietary Factors and Coronary Heart Disease. Arch Intern Med 2009; 169(7):659-69.
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