|
Le 6 juin, 2012
La recherche à l’échelle mondiale propose de nouvelles approches différenciant les gras trans naturels des gras trans industriels
Des scientifiques canadiens se sont joints récemment à des collègues internationaux pour promouvoir de nouvelles approches quant aux implications des différents types de gras trans. Les résultats furent présentés au 10e Congress for the International Society for the Study of Fatty Acids & Lipids (ISSFAL), tenu à Vancouver du 26 au 30 mai, 2012.
La recherche présentée ajoute aux connaissances sur les gras trans d’origine naturelle – ceux produits par les ruminants comme le bœuf, les vaches laitières, les moutons et les chèvres - trouvés dans le lait et la viande provenant de ces animaux. Les recherches renforcent l’évidence que contrairement aux gras trans d’origine industrielle, les gras trans d’origine naturelle ne sont pas nocifs et pourraient en fait avoir un effet bénéfique sur la santé.
Le Dr. Spencer Proctor, Director of the Metabolic and Cardiovascular Diseases Laboratory, University of Alberta, Canada, nous confie «nous découvrons qu’il y a un important message de santé publique à transmettre au sujet des gras trans des ruminants qui diffèrent des gras trans industriels néfastes pour la santé.» «Les recherches démontrent que la consommation de ces gras trans dans le cadre d’un régime équilibré n’est pas néfaste pour la santé. Au contraire, il y a de plus en plus d’évidence que ce sont de "bon gras" et qu’ils pourraient être bénéfiques pour la santé. Ils ne devraient pas être inclus lorsqu’on suggère d’éliminer les gras trans de notre alimentation.»
ISSFAL est une Société Scientifique Internationale établie en 1991, comprenant des membres de plus de 40 pays soient des scientifiques, des professionnels de la santé et autres membres ayant un intérêt pour les effets sur la santé des gras alimentaires, des huiles et des lipides.
Le Dr. Proctor présidait un Symposium au congrès de l’ISSFAL qui étudiait les implications sur la santé des gras trans naturels provenant des ruminants. Le groupe d’experts comprenait Dr. Jean-Michel Chardigny, National Institute for Agricultural Research (INRA), France et Dr. Marianne Uhre Jakobsen, Associate Professor, Public Health, Aarhus University, Denmark.
«Notre connaissance des gras trans naturels est relativement récente et nous continuerons d’en apprendre encore plus quant aux implications sur la santé humaine,» nous dit Chardigny. «Mais nous savons qu’ils diffèrent des gras trans industriels et ne devraient pas être regardés de la même façon.»
Chardigny a présenté les résultats d’une meta-analyse de 13 études de l’intervention humaine qui avaient examinés l’impact des gras trans d’origine naturelle sur les facteurs de risques cardiovasculaires.
Bien qu’il y ait de nombreuses recherches confirmant les effets négatifs des gras trans d’origine industrielle, la recherche actuelle sur les gras trans naturels n’a pas trouvé les mêmes effets. «Il n’y a pas d’association entre l’apport en gras trans naturels et les facteurs de risques cardiovasculaires dépendant du cholestérol,» selon Chardigny.
Cette conclusion fut appuyée par une revue des études épidémiologiques de Jakobsen. «Ces résultats indiquent que la consommation de gras trans naturels n’est pas associée à la maladie coronarienne à l’intérieur de l’apport dans la population en général.»
Les connaissances scientifiques démontrent la nécessité de bien différencier les gras trans sur les étiquettes des aliments et dans les recommandations pour la santé. «Nous désirons aider le public à comprendre les différentes implications pour la santé des deux catégories de gras trans, entre autre la compréhension de l’information des étiquettes sur les aliments,» précise Proctor. «Nous sommes confiants que nous devons continuer à collaborer afin d’atteindre cet objectif.»
POUR EN SAVOIR PLUS :
Voir la référence suivante (anglais seulement) Gebauer SK et al.: Effects of ruminant trans fatty acids on cardiovascular disease and cancer: a comprehensive review of epidemiological, clinical, and mechanistic studies. Adv Nutr. 2011 Jul;2(4):332-54.
|